Le vendredi 24 janvier 2020, l’Université Ryerson a annoncé qu’elle a mis fin à l’entente de longue date entre l’université et le Ryerson Students’ Union. Cette décision mine les droits démocratiques des étudiantes et étudiants et des organisations étudiantes qui les représentent.

L’autonomie est critique pour qu’un syndicat étudiant puisse représenter ses membres de manière efficace. Il est mieux de régler les défis internes par l’entremise des structures démocratiques qui existent au sein des syndicats étudiants, car il s’agit de processus convenus par les membres du syndicat. Dans ce cas, le Ryerson Students’ Union a démontré qu’il prend au sérieux les allégations de 2018-2019 et a entrepris une série d’actions pour y répondre. Au final, les syndicats étudiants sont responsables devant leurs membres. Les administrations des collèges et universités ne peuvent pas et ne devraient pas s’ingérer dans les affaires des syndicats étudiants qui sont autonomes et administrés de façon démocratique.

Les organisations menées par les étudiantes et étudiants sont renforcés par le fait que des mécanismes sont en place pour permettre à la population étudiante de responsabiliser ces organisations et d’y apporter des changements qui répondent à leurs besoins et à leurs désirs. Les étudiantes et étudiants ont le pouvoir, grâce aux élections, aux assemblées générales et aux référendums, de responsabiliser leur syndicat étudiant, de demander des réformes démocratiques et d’occuper des postes élus. La décision de l’Université Ryerson de mettre fin à son entente avec le Ryerson Students’ Union constitue un acte paternaliste et excessif qui mine ces mécanismes démocratiques.

Les syndicats étudiants sont à la première ligne des changements positifs et progressistes au sein de nos communautés et de notre société. Grâce à la mobilisation étudiante, les étudiantes et étudiants en Ontario ont obtenu des politiques, de la formation, des programmes de prévention et des services de soutien en matière d’agression sexuelle au sein des établissements postsecondaires, des espaces pour les groupes marginalisés sur le campus et une semaine de relâche en automne, entre autres. L’autonomie des syndicats étudiants est au cœur de leur capacité à responsabiliser les puissantes institutions et à faire pression pour instaurer des politiques qui bénéficient non seulement la population étudiante, mais aussi la société dans son ensemble.

La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants tient fermement son engagement à défendre l’autonomie des syndicats étudiants et la volonté des étudiantes et étudiants qu’ils représentent. Nous demandons à l’Université Ryerson d’annuler sa décision, de recommencer les pourparlers avec le Ryerson Students’ Union et d’œuvrer à résoudre cette situation.